KAMILYA JUBRAN

Saison 2017/2018
Avec le soutien du Conseil départemental de Seine -Saint-Denis
S’exprimant sur un terrain inédit, entre les traditions des musiques arabes et l’invention d’une modernité totalement contemporaine, Kamilya Jubran est l’une des très rares artistes de la scène à avoir ouvert un espace de réflexion et de création à cet endroit.

BIOGRAPHIE

Née en 1963 à Akko (Saint-Jean-d’Acre) en Galilée, dans une famille d’artistes, Kamilya Jubran, oudiste et chanteuse, rejoint en 1982 Sabreen, groupe palestinien pionnier dans le domaine de la musique arabe, dont elle deviendra la chanteuse vedette et avec lequel elle produira quatre albums et donnera plusieurs centaines de concerts, en Palestine et à l’occasion de tournées à l’étranger (Etats Unis, France, Suisse, Suède, Italie, Japon, Egypte, Tunisie, Jordanie…).

En 2002, elle quitte Sabreen et Jérusalem pour s’installer en Suisse puis en France, où elle produira en son nom deux albums avec le trompettiste Werner Hasler, et deux albums avec la contrebassiste Sarah Murcia (création à La Dynamo de Nhaoul en 2011 lors de la résidence départementale de Sarah Murcia), collaborera avec plusieurs improvisateurs européens et participera en tant que compositrice et interprète à plus d’une dizaine de créations musicales (elle conçoit « Sur les Traces d’Oum Kalsoum » pour le festival Banlieues Bleues 2012) et de spectacles  de théâtre et/ou de danse.

S’exprimant sur un terrain inédit, entre les traditions des musiques arabes et l’invention d’une modernité totalement contemporaine, Kamilya Jubran est l’une des très rares artistes de la scène à avoir ouvert un espace de réflexion et de création à cet endroit : en créant des associations fertiles avec des musiciens occidentaux de haut niveau, en filtrant les sonorités classiques avec l’improvisation comme avec les environnements électroniques, en posant sa musique sur ses choix de textes de grands poètes (Salman Masalha, Hassan Najmi…) profondément connectés à la tradition classique arabe et en même temps très modernistes, la musicienne basée à Paris est de fait devenue une référence et une influence majeure pour les jeunes artistes des scènes créatives du Moyen-Orient.

Photo©DR

CRÉATION

SODASSI

Répétitions et création en concert à La Dynamo le 16 novembre 2018
Youmna Saba guitare, oud, chant, Dina El Wedidi percussions, chant, électronique, Ayed Fadel voix, effets électroniques, Rasha Nahhas guitare, chant, Sama Abdul Hadi (Skywalker) DJ, platines, Maya Khalidi voix, Kamilya Jubran direction artistique et musicale

“Dans les années 80, j’ai été membre fondateur de l’association “Sabreen”, pionnière dans le domaine de la musique actuelle arabe à Jérusalem. Pendant deux décennies, j’ai travaillé avec des musiciens sur place et j’en ai accompagné certains dans la gestion et la diffusion de leurs créations musicales. Depuis mon arrivée en Europe en 2002, d’abord en Suisse et ensuite en France, j’ai eu la chance de bénéficier de quelques résidences qui m’ont permis de développer et d’enrichir mon parcours musical, qui m’ont offert des moments précieux de réflexion, de questionnement, d’élargissement d’horizon, de recherche, de rencontres. D’où mon envie, à ma place d’’artiste, de soutenir à mon tour de jeunes musiciens et artistes en les associant à une création collective dans un cadre de résidence”.
Sodassi veut dire en arabe sextuor ou hexagone : 6 musiciens professionnels venant de quatre villes du Proche-Orient, un homme et cinq femmes, qui ont entre 20 et 33 ans, et sont palestiniens, égyptiens ou libanais.
Ces jeunes musiciens ont été choisis par Kamilya Jubran suite à une série d’ateliers qu’elle a réalisé sur place entre 2014 et 2016, où elle les a repérés respectivement dans leurs pays. Ils sont parmi les éléments les plus brillants de la nouvelle génération musicale arabe, confrontée à la révolution informatique, inspirée par le son électronique, et qui cherche un équilibre entre son passé et son futur.
“Leurs registres de voix et d’instrumentation forment un ensemble étonnant et insolite, une polyphonie aux résonances à la fois classiques, populaires et modernes. Une polyphonie façonnée aussi par une pulsation et des paroles qui se nourrissent d’une soif de liberté.”
Sodassi leur permettra de se rencontrer tous ensemble – ils ne peuvent se rencontrer dans leurs pays respectifs- sur un terrain neutre, un “hors les murs”, loin de toute restriction politique, religieuse ou sociale, pour produire une création musicale originale qui témoigne de leurs aspirations, de leurs talents, et de la créativité de cette génération au confluent de plusieurs influences musicales.

Beyrouth (Liban):

YOUMNA SABA (32 ans) Musicienne (chanteuse, guitariste et joueuse d’oud, effets sonores) et auteur-compositeur, Youmna Saba a démarré sa carrière musicale en 2006, et a déjà sorti trois albums à ce jour (Njoum, 2014, Hal Bint Aabalha Tghanni, 2011, Min Aafsh el Beit, 2008).Ses derniers travaux traitent des relations entre l’écriture des chansons et la narrativité. Elle présente actuellement son projet “Arb’een” en solo; des chansons écrites pour voix, oud et guitare. Youmna a collaboré avec plusieurs musiciens, notamment l’Anglais Mike Cooper, le Libanais Fadi Tabbal, la Coréenne Kyungso Park, et le compositeur polonais Piotr Kurek. Elle a participé à plusieurs résidences d’artistes: Sound Development City (Espagne, Maroc, 2016), Gyeonggi Creation Center (Coré du Sud, 2013), OneBeat (Etats Unis, 2012).Elle est titulaire d’un magistère en musicologie à l’université Antonine à Baabda (Liban), où elle assure des cours et effectue sa recherche sur le parallélisme entre l’art visuel et la musique dans le cadre des arts traditionnels arabes.

Le Caire (Egypte):

DINA EL WEDIDI (30 ans) Chanteuse, percussionniste et compositrice, s’initiant actuellement aux musiques électroniques, elle a aussi été chanteuse et actrice au sein de la compagnie El Warsha Theatre Troupe qui explorait le folklore égyptien ; elle s’est familiarisée avec le chant classique arabe au sein du groupe Habayebna, avant de développer à partir de 2011 sa propre musique, qui s’inspire de la variété égyptienne pour la traduire dans une forme originale et nouvelle, plus proche du jazz ; elle s’est produite en 2013 au Cairo’s Jazz Festival avec son mentor, le Brésilien Gilberto Gil, qui lui a donné des conseils pour son futur premier album, sur lequel il collaborera en personne.

Haifa (Israël)

AYED FADEL (28 ans) Rappeur, acteur, musicien, auteur-compositeur et cinéaste palestinien (ayant la double nationalité palestinienne et israélienne), il est un activiste culturel depuis plusieurs années impliqué dans plusieurs ONG qui promeuvent l’identité palestinienne sous l’occupation, pour maintenir la communauté palestinienne d’Haifa alerte et ouverte à la culture. Il a étudié le cinéma au Max Stern Academic College d’Emek Yizrael et à la New York University. Après avoir mené plusieurs projets artistiques à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en République Dominicaine, il est revenu vivre à Haifa et a y cofondé Jazar Crew, association qui se consacre à l’éducation culturelle et artistique à travers la musique en Palestine. Il collabore activement à plusieurs manifestations, dont le Haifa Independent Film Festival qu’il a co-fondé, le Fawda project, Mukti Gathering et Kabareet Music and Arts, se produit en tant que rappeur en organisant de nombreux concerts dans sa ville et en Palestine, et a joué dans le film Junction 48.

RASHA NAHHAS (20 ans) Chanteuse et guitariste, compositrice, partageant la même situation d’une double nationalité très complexe dans la région, elle a positionné sa musique entre les résonnances du rock et les stridences du free jazz, agrémentant sa technique de guitare classique d’un son électrique dissonant, avec un penchant prononcé pour la narration intimiste et une poésie hardie et intransigeante. En 2016, ellle a sorti « Am I », un premier EP enregistré entre l’Angleterre et le Moyen-Orient et produit par Mark Smulian, et vient de réaliser une tournée de concerts en Europe en juin 2017 dont le Glastonbury Festival, tout en préparant son premier album.

Ramallah (Cisjordanie)

SAMA ABDUL HADI (25 ans) Musicienne techno et sound designer, artiste emblématique de la scène underground palestinienne, Sama’ (anciennement SkyWalker) est la première DJ à avoir importé le mouvement Techno à Ramallah. Elle a commencé à mixer en 2006 pour des soirées organisées autour de Ramallah, avant de produire sa propre musique, une techno percutante pétrie de deep house et d’expérimental, le tout avec un twist tout à fait personnel. Elle a vécu en Angleterre, où elle a décroché une licence en formation ingénieur du son et production de musique, puis au Caire où elle a été ingénieur du son et productrice de musique. Après plusieurs dates à Paris en 2016-17 au Petit Bain et à la Gaité Lyrique, Sama’ est actuellement résidente à la Cité des Arts de Paris jusqu’à la fin de l’année 2017.

MAYA KHALIDI (29 ans) Chanteuse a capella, (chant lyrique, jazz, folklore palestinien), actuellement en préparation de son master «Musique et Education» à Londres, palestinienne née à Jérusalem, elle a obtenu sa Licence de Musique en performance vocale au Berklee College of Music puis est revenue en Palestine pour enseigner au Conservatoire National de Musique de Edward Said (ESNCM) dans des classes de théorie de la musique et dans un programme de chorales communautaires. Aujourd’hui à Londres, elle poursuit son Masters en Direction Musicale à Guildhall School of Music and Drama. Khalidi prend plaisir à chanter avec plusieurs groupes musicaux et à découvrir continuellement de nouveaux processus créatifs et collaboratifs.
En Palestine, elle travaille avec le groupe a capella Istiwanat, et à Londres, avec le groupe Mondryyan.

La durée de la résidence de création de Sodassi a été de 14 jours. A son issue, une période de 7 à 10 jours  a  été consacrée à la diffusion du spectacle en région parisienne et en France. Les répétitions ont été accueillies au Centre d’Hébergement d’Urgence Magenta (Paris 10ème), où Kamilya mène déjà des actions de terrain au long cours, au FGO-Barbara (Paris 18ème) et à La Dynamo de Banlieues Bleues (Pantin).

 

DIFFUSIONS:

1-HABKA

La Dynamo de Banlieues Bleues mardi 16 janvier 2018 à 20h30
Kamilya Jubran oud, voix, Sarah Murcia contrebasse, Guillaume Roy violon, Régis Huby violon, Atsushi Sakaï violoncelle

Voilà plus de 15 ans que Kamilya Jubran et la contrebassiste française Sarah Murcia se connaissent et font de la musique ensemble. Mais leur premier vrai projet en commun date de 2013: “Nhaoul”, soit “le métier à tisser”, fruit d’un échange profond autour de leurs centres d’intérêt musicaux respectifs, a été créé à Rezé et à la Dynamo de Banlieues Bleues, puis enregistré dans la foulée pour un disque sur le label Accords Croisés. Dans la perspective d’approfondir encore leur rapport à l’écriture et à l’improvisation, Kamilya Jubran et Sarah Murcia ont décidé de poursuivre l’aventure en s’entourant cette fois de trois musiciens virtuoses, spécialistes d’instruments à cordes renvoyant directement à la tradition classique occidentale:Régis Huby au violon, Guillaume Roy à l’alto et Atsushi Sakaï au violoncelle — soit trois des membres du quatuor IXI, formation expérimentale aventurant depuis 20 ans la vénérable forme du quatuor à corde au risque de l’improvisation. En proposant à cette formation élargie à l’instrumentation funambulesque un nouveau répertoire entièrement écrit à quatre mains résultant d’une lente et profonde maturation esthétique, Jubran et Murcia signent avec “Habka”un nouveau projet ambitieux (enregistré sur disque pour le label Abalone, sortie prévue fin 2017) témoignant des avancées de leur collaboration. Développant un discours singulier à la croisée de deux chemins artistiques distincts, “Habka”ne vise ni le métissage, ni l’hybridation, mais invente une nouvelle route, tant dans le contexte de la musique improvisée occidentale que dans le paysage de la musique moyen-orientale.

2-WASL

La Dynamo de Banlieues Bleues le 17 novembre 2018
Kamilya Jubran oud, voix, Sarah Murcia contrebasse, Werner Hassler trompette, électronique.

Wasl signifie en arabe assemblage, embrayage, combinaison, connexion, raccordement, et aussi selon le point de vue de Kamilya Jubran dans le cas de ce projet : retrouvailles. “C’est boucler la boucle – à la fois artistique et historique”. L’histoire de 3 musiciens qui se connaissaient depuis au moins dix ans, voire plus et qui ont commencé à ébaucher ce trio lors de deux répétitions pendant la résidence de Sarah Murcia à La Dynamo en 2013. Peu de temps après, Kamilya entrait en résidence à la Fondation Royaumont dans le cadre du programme des musiques transculturelles, pour joindre à ce trio deux poètes, l’un du Mashreq et l’autre du Maghreb. Après la création pour Royaumont, le trio est resté: Kamilya connaît parfaitement la tradition musicale arabe, elle s’intéresse également aux évolutions qui accompagnent les musiques improvisées, y compris vers les musiques électroniques; d’où cette association avec la contrebassiste française Sarah Murcia et le trompettiste et trafiqueur de sons électroniques suisse Werner Hassler. Ensemble, ils ont travaillé autour de notions formelles comme la polyrythmie, la polyvitesse, les modes à transposition limitée confrontés aux modes orientaux, mais aussi les boites de notes, l’échantillonnage, les sons électroniques.
Il en résulte une musique riche, dense, organique, qui se questionne elle-même en restant focalisée sur son aspect sensoriel,avec une force d’évocation incontestable.

 

ACTIONS MUSICALES

1-Au fil des rythmes et des chants du Moyen-Orient

Une initiation aux rythmes et aux chants de la musique arabe du Moyen-Orient (Egypte, Palestine et Liban) en écho à la création « Sodassi » au centre social Berty Albrecht d’Aubervilliers de juillet à novembre 2018 lors de 7 séances de deux heures d’ateliers a touché un public familial (adultes enfants et adolescents).

Finalité :
Trois présentations ont donné le ton, lors de la fête de quartier Valles-La Frette, la parade des lanternes d’Aubervilliers et enfin lors du lever de rideau de la création Sodassi en novembre 2018 à la Dynamo de Banlieues Bleues.

Contenu :
Kamilya Jubran avec la complicité du musicien Qais Saadi propose d’emmener un public intergénérationnel dans la découverte par la pratique musicale des chants et rythmes issus du Moyen Orient. L’orchestre composé de derboukas et de bendirs fera entendre un voyage de boucles rythmiques et de chants en chœur. L’orchestre amateur fera des apparitions en extérieur selon les opportunités rencontrées au sein de l’espace public du quartier Valles la Frette afin de rayonner sur le territoire et de toucher un large public.
D’autre part, Kamilya Jubran et les musiciens de Sodassi réaliseront une rencontre musicale auprès d’habitants résidents au sein de quartiers dépourvus d’infrastructures sociales et culturelles de la ville, dans le cadre des animations « hors les murs » mises en œuvre par le service de démocratie locale de la ville d’Aubervilliers.

2 – Rencontres musicales en direction des femmes fréquentant le Centre social des Quatre Chemins/Diderot à Pantin (trois rencontres ont eu lieu  entre juin et octobre 2018)
Avec comme point de départ, la musique de Kamilya Jubran et celle des artistes qui ont façonné, jalonné et nourri son parcours de musicienne, la parole sera donnée aux femmes rencontrées à travers le choix d’une chanson ou d’une mélodie ayant bercé leur enfance, adolescence ou vie de femme. Préparées en amont par les équipes du Centre social, ces rencontres ont aidées les femmes dans leur collecte de ces chansons.

3 – Projections du documentaire “Telling Strings”de Anne-Marie Haller 59’ (2007)
Suivies d’un échange et d’une petite forme musicale

“Après la fondation de l’Etat d’Israël en 1948, Elias Jubran, le père de Kamilya, décide de rester dans sa maison. En raison de la situation politique, le jeune palestinien mène une vie “cloîtrée” avec sa famille. C’est grâce à la musique qu’il va surmonter son isolement. Soixante ans plus tard, ses quatre enfants restent liés de façon les plus diverses à la musique. Les récits de la famille ouvrent des fenêtres sur le monde, sur les territoires habités par les Palestiniens et sur la partie juive de Jérusalem.”

Kamilya Jubran et certains des musiciens de Sodassi ont  animés deux rencontres avec projection puis concert-rencontre entre septembre et novembre.
Des projections au Cinéma Le Studio d’Auvervilliers et au Café associatif Pas si Loin à Pantin (Quatre-Chemins) ont permis d’accompagner les publics de ces deux villes dans leur découverte de Kamilya Jubran – son histoire et celle de sa famille – et du projet Sodassi.

4 -Concerts rencontres en direction de publics scolaires

Octobre et novembre 2018 : au cours de trois concerts rencontres, Kamilya Jubran a présenté son parcours en s’appuyant sur une playlist retraçant certaines de ses collaborations : avec le groupe palestinien Sabreen au sein duquel elle a tourné pendant vingt ans, avec le trompettiste et musicien électronique Werner Hasler et la contrebassiste Sarah Murcia, et enfin le projet “SODASSI”. Ces présentations ont permis à la musicienne de donner un éclairage sur ses choix artistiques.