Kamilya Jubran & Sarah Murcia + Muqata’a & Fairouz Hasan
Kamilya Jubran & Sarah Murcia Yoqal
Palestine, France

Depuis que leurs chemins se sont croisés, la musicienne et poétesse palestinienne Kamilya Jubran et la contrebassiste française Sarah Murcia n’ont plus jamais cessé de travailler ensemble à explorer des territoires où fonder un authen­tique dialogue interculturel.

Oudiste et chanteuse, Kamilya Jubran fut la voix principale de Sabreen, tutélaire formation palestinienne, avant de s’installer en Europe au tournant des années 2000 et de filtrer sa sonorité aux environnements électroniques et à l’improvisation. La rencontre avec Sarah Murcia date précisément de ce moment, et les deux musiciennes continuent depuis lors de croiser leurs cordes magiques. Leur nouvel album Yoqal est la trace essentielle de ces vingt ans d’amitié et de musiques parta­gées, nourries aux sources de leurs héritages respectifs et protéiformes, entre Proche-Orient et Occident. Dans leur duo, la parole circule librement dans des structures fascinantes où la com­plexité affleure à peine tant le jeu du duo est fluide. Là est le miracle, comme en poésie. L’essentiel n’est pas de tout comprendre, mais de se laisser prendre et de saisir au vol l’indicible.

Kamilya Jubran voix, oud, Sarah Murcia contrebasse

© Marc Domage

Kamilya Jubran & Sarah Murcia + Muqata’a & Fairouz Hasan
Muqata’a & Fairouz Hasan False Vectors
Palestine Inédit

Figure de proue de la musique électronique palestinienne, Muqata’a s’est associé à l’artiste visuelle Fairouz Hasan pour créer False Vectors, une performance sonore et visuelle à la puissance narrative sidérante.

Révélée en 2025 à la Triennale de Monheim, l’œuvre se déploie selon une structure épurée et non linéaire, combinant des paysages sonores granuleux et des images microscopiques pour explorer les thèmes de la naissance, de la mort, des histoires interrompues et de la fragilité de la reconstruction. Le titre fait référence au concept de vecteur en physique, une grandeur définie par une magnitude et une direction. Mais ici, les vecteurs sont « faux », les trajectoires perturbées, les forces s’entrechoquent et créent des directions incertaines qui reflètent l’instabilité de la mémoire, de l’espace et des émotions. À travers ce jeu de son et d’image, False Vectors invite à une expérience de tensions entre présence et absence, et à l’acte de naviguer dans un monde fragmenté.

Muqata’a : machines, Fairouz Hasan : vidéos

©niclasweber

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