CASSIEL GAUBE Farmer Train Swirl - Étude
Belgique

solo • 40 minutes

Elle est chaloupée, chaleureuse et joyeuse. Jubilatoire. C’est déjà pas mal. Elle, c’est la danse house, telle qu’on l’observe sur les dancefloors. Cousine douce, plutôt black et groovy, parfois gay, de la techno. Jeux de jambes virtuoses, implacable rythmicité du bassin, et subtile liberté enivrée dans le haut du corps. Mille apports s’y brassent, noirs ou latinos. Hip-hop, claquettes, funk, jazz ou bossa… Puis Cassiel Gaube s’en mêle. Fana de house, immergé dans ses scènes sauvages, ses clubs, ses jams, ses cours (il en prend, il en donne). Là, il injecte aussi ses savoirs intégrés à P.A.R.T.S., l’école de danse contemporaine fondée par Anne Teresa De Keersmaeker.

Qu’amène-t-il à la house ? Cassiel Gaube en décrypte l’écriture : isoler les pas et figures, comprendre les filiations, cerner les hybridations. Puis les adapter, les faire muter, les enchaîner, les articuler. Réinventer. Cassiel Gaube compose une danse house d’auteur. Superbement déliée dans son corps élancé, la voici rendue parfaitement lisible, dans le solo Farmer Train Swirl – Étude (assortiment peu traduisible de trois intitulés de pas).

En musique, une étude est une exploration systématique de toutes les possibilités de variations offertes par une technique particulière. Ici en danse, d’abord captivé, le regard se laisse peu à peu envoûter. Il effectue cette expérience typique du danseur de house, de s’engager dans le transport immense d’un mix perpétuellement relancé. Envoûtant. Chemin faisant, Farmer Train Swirl – Étude donne aussi à éprouver, comme rarement, cette notion parfois peu saisissable, de musicalité des mouvements d’un corps.

 


Stage amateurs mené par Cassiel Gaube le mercredi 10 juin au Conservatoire Nina Simone (Romainville)

Conception : Cassiel Gaube
Conseil artistique : Liza Baliasnaja, Theo Livesey, Manon Santkin

Production : Hiros
Coproduction : Charleroi danse (Belgique)
Avec le soutien de Vlaamse Gemeenschapscommissie, workspacebrussels, Kunstencentrum BUDA (Kortrijk), KAAP, Kunstenwerkplaats Pianofabriek, De School van Gaasbeek (Belgique)
Distribution : Art Happens
Production : Hiros

« Hors les murs_Constellations » avec la complicité du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris, avec le soutien de Wallonie-Bruxelles international

BENJAMIN KAHN & CHERISH MENZO Sorry, But I Feel Slightly Disidentified
Belgique, Pays-Bas

solo • 55 minutes

Chromatique, rayonnante et envoûtante. Elle est saisissante, cette figure qui ouvre Sorry, But I Feel Slightly Disidentified…. Saisissante, quoique demeurant insaisissable. Parfaitement énigmatique. Éventuellement exotique ; tout autant urbaine et actuelle. Mais tout sauf prête à se laisser rabattre sur une identification rapide et rassurante.

Ainsi s’amorce l’ample traversée d’un solo duel, conçu par le chorégraphe Benjamin Kahn et performé par Cherish Menzo, néerlandaise d’ascendance surinamienne, au comble de l’implication d’elle-même. Cette pièce sera aussi celle de la rencontre avec cette interprète fabuleuse, hors du commun.

Sur les scènes, il y a décidément quelque chose que l’art dramatique ne peut pas vraiment faire, et en quoi la danse, la performance, la danse-performance peuvent exceller. Soit une théâtralité de pure présence de l’être intégralement engagé. Être voué à une incandescence maîtrisée des métamorphoses de soi. Théâtralité affranchie d’un cadrage fictionnel narratif. Théâtralité d’un corps kaléidoscopique, sans besoin de cristalliser en personnage. Vibrant de significations, ce corps arpente un territoire d’abstractions.

Ainsi le regard spectateur flotte entre repérages évidents sur des stéréotypes de race, de genre, d’exotisme, d’érotisme. De quoi discerner, ici ou là, des bribes d’imagerie d’une culture mondialisée, massivement diffusée en réseaux. Mais dans le flux d’une déconstruction en actes et en pensée, quelque chose se dérobe dans le cadre, refuse l’enfermement des assignations, transgresse les frontières du connu et du reconnu. De cette équipée intrépide et entêtée, éprouvant retournements et bifurcations, le titre nous dit bien que, « désolée, mais je me sens légèrement désidentifiée ».


Conception, direction, chorégraphie : Benjamin Kahn 
Création, interprétation : Cherish Menzo
Lumieres, costumes, musique, texte : Benjamin Kahn
Remerciements : Hubert Colas, le festival Actoral et Cultural Rucksack
Résidence : Frascatie Theater Amsterdam (Pays-Bas)
Avec le soutien de l’ambassade du Royaume du Pays-Bas.