Songhoy Blues
Mali

Ils se sont révélés avec « Soubour », un titre où ils relèvent le tradtionnel blues sahélien d’embardées plus rock. De quoi faire trébucher les préjugés de tout bord.

“Soubour”, le hit paru sur la sélection Maisons des jeunes coproduite par Brian Eno et Damon Albarn, se traduit par “Patience”. Pourtant les quatre jeunes maliens qui composent Songhoy Blues n’en ont pas eu besoin pour se faire connaître. Née au moment même où le Nord Mali était soumis à la répression des groupes djihadistes, leur bande-son en constitue néanmoins le meilleur remède : entre blues sahélien et garage rock, ces héritiers du grand Ali Farka Touré incarnent le dynamisme d’une jeunesse qui veut croire en un avenir meilleur, après que le pays ait vécu de sombres heures. Une lueur d’espoir qui donne toute son énergie et sa flamme à ce quartette survolté.

ALIOU TOURÉ chant, GARBA TOURÉ guitare, choeurs, OUMAR TOURÉ basse, choeurs, NATHANAEL DEMBÉLÉ batterie, choeurs /// Photos©DR

Samba Touré
Mali Inédit

Le chanteur guitariste malien a réussi à conjuguer le blues sahélien aux orientations groove. Résultat : des tourneries hypnotiques sur lesquelles le Malien fait raisonner sa spiritualité.

En 2013, son disque Albala était marqué par la guerre qui déchirait le Mali. Deux ans plus tard, le guitariste songhaï revient avec un disque plus « joyeux », mais tout aussi spirituel. Il continue d’y chanter les louanges de la diversité, celle qui éclaire de milles éclats sa bande-son. Si le blues sahélien de celui qu’il a jadis accompagné, Ali Farka Touré, demeure une source intarissable, si la culture songhaï reste son socle, Samba Touré s’inspire aussi de Gainsbourg, Bo Diddley et même Tom Petty… Et lorsque les rythmes s’accélèrent, son groove éclectique rappelle les rythmes poisseux de La Nouvelle-Orléans, en une transe aux limites des abstractions électroniques.

SAMBA TOURÉ chant, guitare, DJIMÉ SISSOKO ngoni, tamani, choeurs, IBRAHIMA SÉRÉ calebasse, choeurs, choeurs /// Photos©Philippe Sanmiguel