AMI YEREWOLO
Mali, France

L’amazone du rap malien démontre avec une classe totale que le hip-hop africain n’a rien à envier à d’autres styles lorsqu’il s’écrit au féminin.

Si Yerewolo, son nom de scène, veut dire « fière de ses origines », on l’appelle un peu partout en Afrique « la voix libre de Bamako ». Car la « première » rappeuse du Mali n’a pas froid aux yeux, dénonçant dans les textes en bambara de ses raps conscients le patriarcat, la condition de la femme et les conditions sociales, s’activant même à créer un festival, Le Mali a des rappeuses, pour servir de tremplin à ses sœurs. Militante, voire féministe ? Inutile de l’étiqueter, sa musique parle d’elle-même et fait corps avec le monde actuel ou tout ou presque est un combat, qu’elle mène avec un mix original et emballant de samples de ngoni, kora, tamani, et de beats up-tempo trap et club-house. La classe, on vous dit !

Ami Yerewolo voix, Romain Jovion batterie, machines

© Oman Seth

ROKIA KONÉ BY JACKNIFE LEE
Mali, Etats-Unis Création

La nouvelle grande voix du Mali, associée au producteur de rock Jacknife Lee pour un époustouflant premier album, en primeur sur scène à Banlieues Bleues.

Rokia Koné, alias « la Rose de Bamako », ex-membre du super-groupe féministe Les Amazones d’Afrique devenue l’une des artistes les plus aimées dans son pays, aurait pu se contenter d’habiller sa voix fascinante d’une production traditionnelle. Au lieu de quoi elle a choisi pour Bamanan, son premier album, de collaborer avec le réputé producteur de U2, R.EM ou The Killers. Bonne pioche : en reliant les anciens royaumes mandingues et les rues animées de Bamako à un studio ultramoderne niché dans un canyon californien, le son malien est révolutionné de manière étincelante pour nous propulser au-delà de l’espace-temps.

Rokia Koné voix, Fatoumata Coulibaly voix, Maïmouna Deme voix, Salif Koné guitare, Ndjib Ben Bellah claviers, Jacknife Lee directeur musical, producteur, machines

© Karen Paulina Biswell

KOKOROKO
Royaume-Uni

L’afrobeat-jazz du jeune collectif londonien, diamant noir au sommet de la couronne (de la nouvelle scène) britannique.

Harmonies vocales, envolées percussives, jazz, highlife, calypso-reggae, funk et afrobeat, le mix totalement original et hautement excitant de ce groupe mené par trois souffleuses pétries de great black music, apparu il y a juste trois ans, a séduit les foules par millions, outre-Manche et outre-Atlantique… sur YouTube, pandémie oblige ! Leurs débuts ultra-prometteurs ont été certes contrariés, mais Kokoroko signifie « sois fort » en langue orobo (ethnie du sud du Nigéria). Après plusieurs singles fort bien balancés, ils déboulent à nouveau, bien décidés à célébrer leur retour à la vie, sur scène.

Sheila Maurice-Grey trompette, Cassie Kinoshi saxophone, Richie Seivwright trombone, Tobi Adenaike-Johnson guitare, Duane Athereley guitare basse, Yohan Kebede claviers, Ayo Salawu batterie, Omone Edgeworth percussions

© Danny Kasirye