Didier Petit Don't Explain
France

Le violoncelliste se livre à un plaisir solitaire en nous invitant à parcourir le monde des musiques qu’il habite. Jubilatoire et expiatoire, essentiel et sensuel.

Didier Petit est devenu un as du solo: seul avec son double, ce violoncelle qui l’accompagne depuis tant de temps, il dresse ce qui pourrait bien ressembler à l’autoportrait d’un homme du monde, à l’écoute de ses multiples vibrations, à fleur de cordes. Pincées, piquées, frottées, caressées, vocales aussi. Au fil de sa pensée, la thématique échappe à la pesanteur pour atteindre des sommets de lyrisme, aux limites de tous les registres. On songe alors au récital solitaire de Toumani Diabaté, grand maître de la kora, au blues des origines, comme sur le thème de Billie Holiday « Don’t Explain », titre de son magnifique disque-recueil en solitaire.

Didier Petit violoncelle

Mike Reed's People, Places and Things
Etats-Unis

Personnalités les plus entreprenantes de l’actuelle scène de Chicago, le batteur Mike Reed s’inscrit dans la fertile tradition de la ville, qu’il irrigue de ses propres visions. Great Black Music !

Grandi dans le giron de l’AACM (Association for the Advancement of Creative Musicians), dont il est désormais le vice-président, cet activiste est soucieux de l’héritage, qu’il ne souhaite surtout pas muséifier. Pour preuve, ce quartette qui convoque les cruciales années qui annoncèrent l’ouverture créative du free pour dessiner de nouveaux desseins à l’improvisation. Chacun ici prend la parole, ensemble ou en solo, en toute liberté, toujours portés par un sens du collectif qui n’a d’égal que leur conscience aiguisée du blues. Prolongeant ainsi la leçon transmise par leur tutélaire aîné, Von Freeman : « Ce qui compte le plus, à Chicago, c’est que tu mettes tout ton coeur dans ce que tu joues ».

Greg Ward saxophones ténor & alto, Tim Haldeman saxophone ténor, Jason Roebke contrebasse, Mike Reed batterie