Nathalie Natiembé
France

Il faut l’avoir vue sur scène, guitare en main, il faut l’avoir entendue, micro au poing, pour comprendre que Nathalie Natiembé ne triche pas. Ses pleurs cadencés font frémir l’échine.

C’est à 40 ans que cette mère de famille a enfin pris la parole et du coup la relève du maloya, ce blues réunionnais dont les chantres les plus connus sont Danyel Waro et Alain Péters. Ces deux-là font partie de ses influences revendiquées, tout comme les cultures de l’océan indien –Mozambique, Madagascar-, mais aussi le rock des années psychédélique, le reggae, le blues… C’est ainsi, creusant le sillon de ses racines, que la créole se retrouve à renouer le fil entre une tradition bien vivace et une totale modernité. Autant roots que contemporaine, caressante que rauque ou percussive, telle est la force de sa voix, une grande voix, qui tranche dans le vif du sujet, celui des émotions authentiques.

Nathalie Natiembé voix, Frédéric Piot percussions

Buika
Espagne

Délicieusement provocante et habitée, la princesse Buika, grande favorite à la succession symbolique de Chavela Vargas, dans un séduisant répertoire de chansons espagnoles et mexicaines.

« Buika est ce que l’on appelle une « grande » chanteuse, capable de s’attaquer à n’importe quel style tout en restant unique et bouleversante ». Le compliment est signé Pedro Almodovar. C’est à travers son amour pour Chavela Vargas que l’auteur de Volver est tombé sous le charme ensorcelant de Concha Buika. Une voix profonde qui semble avoir tout vécu malgré sa jeunesse et au bout de laquelle résonnent des siècles de chanson populaire espagnole, Buika est bien plus qu’une diva du flamenco. « Je chante, un point c’est tout » affirme-t-elle. Certes, mais avec une présence et une intensité qui restent gravées à jamais dans la mémoire des oreilles qui croisent sa route.

Concha Buika voix, Ivan « Melon » Gonzales piano, Fernando Favier cajòn, percussions