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Édition 2006

Quelques notes bleues…

Elles ont donné sa couleur au blues, puis aux musiques héritées des cultures « africaines-américaines », le jazz et ses nombreux enfants illégitimes conçus en Amérique, en Europe, en Afrique, et bien ailleurs… Bleues, elles déclinent leur gamme à l’infini, comme celle du festival 2006 : du bleu nigérian, libertaire, bleu de chauffe, à des Indigos incroyablement profonds, parfois légèrement sombres, de bleus électriques, joyeux, hybrides et détonants, à ce bleu nuit qui sied aux étoiles depuis la nuit des temps, des saphirs les plus brillants à des bleus tous frais, lumineux et conquérants, des intenses outremers des fjords et des tropiques, jusqu’au bleu secret du Nil à sa source éthiopienne…

Banlieues Bleues leur doit son nom, affirmation de la rencontre entre la musique et la banlieue, avec un pluriel pour ouvrir les frontières qui séparent parfois les musiques, et trop souvent les hommes… Elles ont inspiré sa vocation : croiser le jazz, musique de liberté, l’audace de la création, et la rencontre avec des jeunes et des moins jeunes, plongés des semaines, des mois, dans des aventures artistiques et humaines uniques qui laissent des traces indélébiles.

Des empreintes précieuses qui s’inscriront bientôt tout au long de l’année, avec pour la première fois un toit, un espace et un outil pour cultiver encore mieux, et par tous les temps, les fleurs et les fruits de ces notes bleues. A voir, grâce à un partenariat public exceptionnel, s’ouvrir en Seine-Saint-Denis, au cœur du quartier prédestiné des Quatre-Chemins, une « fabrique de jazz », on trouverait presque la banlieue « bleue comme une orange »… Mais au fait, comment vont les banlieues ?

Xavier Lemettre, Directeur de Banlieues Bleues