Home : Play It Again !!

Retour sur la folle création collaborative du 30 mars à La Courneuve

La salle de la scène conventionnée Jean-Houdremont s’était transfigurée : dispositif tri-frontal, scène en arène au parterre central, et ambiance des grands soirs dans le public, un mélange de spectateurs du festival et de proches des 90 participants impliqués dans le projet. Car là était l’enjeu : créer le concert-cabaret Home, suite à plusieurs mois de collaboration entre musiciens professionnels –le quintet Papanosh, le saxophoniste Roy Nathanson et le beatboxer Napoleon Maddox-  et non professionnels de plusieurs générations -élèves des collèges Jean Vilar et Raymond Poincaré, de l’école élémentaire Joséphine Baker, jeunes de l’association Fête le Mur, pensionnaires de la MAS (Maison d’Accueil Spécialisée) Francis de Pressensé.

Home interrogeait le rapport intime, social ou politique que chacun entretient avec le « chez-soi », le foyer, le refuge, en tant qu’espace de relation aux autres et au monde. Après l’ouverture musicale « LSH », une armée de jeunes workers s’est mise à construire et déconstruire une maison sur scène, en dressant l’inventaire : « Mon Home c’est quoi? Mon ami, mon cochon d’inde, mon con-gélateur, mon placard, mon parfum, ma part de gâteau, mon téléphone, mes gants de boxe, mes baskets, ma chambre, ma mère, mon miroir, mon bonnet, mon jean, mon frigo, mon cerisier, mon violon, ma cuisine, mon lit, ma liberté d’expression ? » Et sur le jazz groovy de Papanosh, les tableaux se sont enchainés : Georges et Jean-Luc ont raconté avec émotion leur home intime ou celui de leurs rêves, Madame Wally a partagé sa chanson Zouloukalanani avec un chœur, une conduction s’est improvisée menée par une très jeune chef et un harmoniciste du même âge, Roy Nathanson a joué son poème The Shape of Home, Raphael Quenehen a fait apparaître Madame Keita dans son Kamion chantant « Machinez, machinez » accompagnée d’une remuante procession… Napoleon Maddox a entonné Velvet Stone, avant que ne se déclenche une fougueuse battle, version West-Side Story … Jusqu’au final « Bring me, bring me, Take me Home » en tutti, toute la troupe a vibré avec rythme, implication, talent, avec une vitalité et une chaleur humaine éclatantes, et avec une salle chavirée, évidemment…

Home@ Banlieues Bleues 2019, sous l’œil du photographe Willy Vainqueur

 

Le concert a été filmé par les caméras de Jacques Goldstein ; extraits à retrouver prochainement sur www.banlieuesbleues.org