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« La musique nous a sauvés, parce qu'elle nous libérait nous-mêmes ».

Les Sud-Africains ont aussi résisté en musique à l'apartheid, comme le rappelait Abdullah Ibrahim, qui lance ce 35e festival. L'Afrique du Sud célèbre les cent ans de Nelson Mandela et vibre aux sons d'une nouvelle génération : le blues aérien de Sibusile Xaba, la transe libératoire du collectif de Soweto BCUC, la danse des Via Katlehong aux côtés de Sons of Kemet, groupe-choc du jazzman britannique Shabaka Hutchings.

Les esclaves, comme les déracinés, ont conjuré la douleur en inventant des musiques. Des champs de canne à sucre aux orgues des églises - Jacob Desvarieux Nanm Kann, Delgres, Lucky Peterson, Deva Mahal, des bas-fonds de BuenosAires ou de Bogota aux carnavals des Caraïbes, Melingo, Abelardo Carbonó, Anthony Joseph et Brother Resistance, Kobo Town, surgissent les musiques créoles : jazz, blues, gospel, tango, calypso, champeta, cumbia, rapso, reggae, zouk…

En musique, l'imprévisible est roi. D'où vient ce groove haletant qui mêle l'énergie primale de la soul, l'abattage sophistiqué du jazz et le charme hypnotique d'une gamme pentatonique ancestrale ? Du pays des Ethiopiques : Mahmoud Ahmed, Girma Bèyènè, Éténèsh Wassié, Akalé Wubé. Aurait-on pensé marier oud arabe classique et jazz électrique –

Dhafer Youssef, no-wave et afro-latino - The Mauskovic Dance Band, death metal et tropical - Chúpame El Dedo? Iriez-vous danser sur de la folk-psyché turque made in Amsterdam – Altin Gün ? Viendrez-vous fêter le grand retour du raï, avec son nouveau héros Sofiane Saidi, et ses nouveaux hérauts Mazalda ?

Les musiciennes et les musiciens créent hors des chemins balisés – Eve Risser, Nina Garcia, Širom, Joshua Abrams, Roberto Negro, Système Friche II… Elles et ils brisent les codes, les conventions, façon punk, afro-punk – Sarah Murcia, The Ex, Tshegue, funky-soul transgenre – Liniker E Os Caramelows, sans façons - Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL, et savent regarder sans concession nos sociétés - Anarchist Republic of Bzzz. Et qui pour chanter haut et fort que les femmes doivent être égales aux hommes ? Les Amazones d'Afrique !

Le jazz d'aujourd'hui chemine dans l'entremêlement, l'éclectisme, la recherche de nouvelles formes musicales. On le retrouve aussi tout free tout soul - Laurent Bardainne Tigre d'eau douce, transfiguré en féérie mélodique jeune public – Antonin Tri Hoang Chewing-gum Silence, dans un portrait imaginaire de la ville de Détroit – Sylvain Daniel Palimpseste, et même sous les mixs ahurissants du pionnier de la house Theo Parrish

Et à l'image de la création Home, collaboration entre le groupe Papanosh, Roy Nathanson, Napoleon Maddox et des habitants de Clichy-sous-Bois, il cultive sa composante essentielle : celle d'une musique inclusive, qui sait et qui aime accueillir toutes les langues, les cultures, les générations, sous son toit.

XAVIER LEMETTRE
DIRECTEUR DE BANLIEUES BLEUES





« Banlieues Bleues », ce festival plus que jamais ouvert sur le monde et si intimement lié à l'histoire vivante de la Seine-Saint-Denis revient avec le printemps pour nous faire découvrir les tendances les plus variées et actuelles de la scène jazz française et internationale.

Cette nouvelle édition s'annonce d'une grande vitalité avec, parmi les moments forts, la mise à l'honneur de l'Afrique du Sud et la venue d'un pianiste mythique, Abdullah Ibrahim. L'ouverture du festival aux sons du monde ne s'arrête pas là : nouveau raï, cumbia psychédélique, funk brésilien, impro-folk slovène, … il y aura cette année encore bien des occasions d'éveiller notre curiosité musicale.

La bouillonnante nouvelle scène française du jazz n'est pas oubliée. Plusieurs créations d'artistes ayant pu bénéficier du dispositif d'aide à la résidence départementale, tels Antonin Tri Hoang et son spectacle jeune public « Chewinggum Silence », ou Sylvain Daniel et sa performance musicale et visuelle « Palimpseste », seront présentées.

La capacité des artistes à aller à la rencontre des habitants de notre département où qu'ils soient (centres de loisirs, publics scolaires, usagers des centres sociaux, bibliothèques, conservatoires, associations de quartier, services jeunesse) est la marque de fabrique du festival tout autant que l'exigence artistique. Les nombreuses actions musicales organisées par l'association donnent ainsi tout son sens à notre soutien.

À cet égard, je me réjouis que les plus jeunes soient étroitement associés à ce moment fort de création musicale contemporaine, à travers les parcours « La Culture et l'Art au Collège » portés dans plusieurs collèges de Seine-Saint-Denis.

Enfin, je tiens à saluer l'organisation par l'association Banlieues Bleues à La Dynamo et dans plusieurs villes de deux jours de débats en partenariat avec le réseau Europe Jazz Network autour d'un thème-socle fondateur de la politique culturelle du Département : « L'inclusion sociale par la culture ». Ces rencontres sont le point de départ d'un projet européen visant à s'appuyer sur l'expérience de Banlieues Bleues pour promouvoir leur savoir-faire.

Premier partenaire de l'association « Banlieues Bleues », le Département est ainsi fier de renouveler le soutien qu'il apporte à ce festival unique dans le paysage métropolitain, et à sa salle qu'est La Dynamo à Pantin. Une trentaine de concerts pendant quatre semaines présentant deux cent artistes venus du monde entier dans tout le département : la Seine-Saint-Denis offre le meilleur du jazz ! Avec Meriem Derkaoui, Vice-présidente chargée de la culture, nous vous vous souhaitons à toutes et à tous un excellent festival.

STÉPHANE TROUSSEL
PRÉSIDENT DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL
DE LA SEINE-SAINT-DENIS