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Banlieues Bleues, une idée folle née  il y a 25 ans

Banlieues Bleues voit le jour en 1984 grâce à la volonté de plusieurs villes de la Seine-Saint-Denis de créer une manifestation culturelle ambitieuse révélant au grand public la diversité et la richesse des musiques de jazz. Manifestation pluri-communale pionnière dans sa forme, la première édition de Banlieues Bleues (entre janvier et mars 1984) propose au public 18 concerts disséminés sur 10 villes. L'un des premiers concerts de Banlieues Bleues présente le pianiste Michel Petrucciani, encore peu connu du public.

Portée par son président, Bernard Vergnaud, et son directeur, Jacques Pornon, l'idée folle se développe, avec un festival se déroulant pendant 4 à 5 semaines, sur un territoire étendu, à l'échelle du département. Banlieues Bleues s'installera au cours de son histoire sur 27 communes de la Seine-Saint-Denis : Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Bagnolet, Le Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Clichy-sous-Bois, Drancy, Epinay-sur-Seine, La Courneuve, Le Bourget, Les Lilas, Livry-Gargan, Montreuil-sous-Bois, Noisy-le-Grand, Noisy-le-Sec, Pantin, Les Pavillons-sous-Bois, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Ouen, Sevran, Saint-Denis, Romainville, Stains, Tremblay-en-France, Villepinte, Villetaneuse.

Aux concerts, s'ajoute une programmation cinéma, coproduite par plusieurs cinémas municipaux. En 1988, avec le passage de Miles Davis, Banlieues Bleues est désormais reconnu et célébré par les médias nationaux. Lors de l'édition suivante, qui fête le bicentenaire de la Révolution Française, Banlieues Bleues accueille Nina Simone, Miriam Makeba, Ray Charles, John Zorn ou encore Cecil Taylor, et passe plusieurs commandes musicales dont l'une pour un concert historique à la MC93, le duo Dizzy Gillespie-Max Roach « Suite 1789 ».

A partir de 1990, Banlieues Bleues invite des musiciens (Eddy Louiss, Max Roach, Charlie Haden...) à élaborer des projets pour aller à la rencontre des publics : public scolaire de la Seine-Saint-Denis, musiciens ou danseurs amateurs, mélomanes et curieux... Le festival met en place un véritable dispositif de rencontres et d'ateliers qu'il baptise les « actions musicales ». En 1998 et en 2000, Banlieues Bleues conçoit et pilote deux «Carnavalcades», défilés musicaux géants pour accompagner la Coupe du monde de football et la célébration du nouveau millénaire. Ces carnavals, organisés sur le principe des ateliers d'actions musicales avec les habitants de la Seine-Saint-Denis et des artistes internationaux rassemblent plusieurs milliers de personnes pour leur préparation en ateliers. 

En 2000, Jacques Pornon, directeur-fondateur du festival, passe les rennes à Xavier Lemettre qui avait intégré l'équipe dès 1989. En 2002, Banlieues Bleues porte le premier accord de coopération multinational et pluriannuel sur le jazz soutenu par le programme Culture 2000 de la Commission Européenne, Europe Jazz Odyssey, avec 11 de ses partenaires européens, et devient le siège social de l'Europe Jazz Network (EJN), réseau européen rassemblant aujourd'hui plus de 90 festivals, clubs et organisations de jazz de 27 pays différents.

En 2004, à la fin de sa vingtième édition, Banlieues Bleues a organisé plus de 700 soirées, accueilli plus de 1 000 groupes et 7 000 musiciens, qui ont offert à des centaines de milliers de spectateurs leur lot d'émotions. Le festival est non seulement considéré comme l'un des temps forts de la vie musicale en France, mais aussi comme l'un des festivals de jazz les plus importants au monde, par la haute qualité de son programme artistique comme par la cohérence de son projet culturel, notamment avec ses « actions musicales ». 

En 2006, c'est l'implantation de Banlieues Bleues dans ses nouveaux locaux à Pantin, puis l'inauguration de sa Dynamo, lieu de concerts et de résidences et première salle construite en France pour le jazz et les musiques improvisées. Financé grâce à un partenariat public entre le Département de la Seine-Saint-Denis (maître d'ouvrage), le Ministère de la Culture et la Région Ile-de-France, cet équipement permet à Banlieues Bleues, en plus du Festival, de développer et d'enraciner ses activités tout au long de l'année.